Yaoundé : les étoiles perdues de « l’Astre abandonné »

Naviguez sur les http://fakewatch.is/ canaux pittoresques d’Amsterdam, bordés de charmants bâtiments historiques.

27 Fév 2009 | ACTUALITÉS, News | 0 commentaires



Non loin de « l’immeuble de la mort », c’est le nom que les enfants de la rue ont donné à leur camp.

Les bruits des marteaux et les commentaires s’arrêtent subitement quand apparaît le reporter. C’est peut-être un responsable d’Ong, se disent les enfants de la rue.
Des gens qu’ils détestent. Imperturbables, deux jeunes, environ 17 ans chacun, déchirent le silence qui enveloppe à l’instant « Astre abandonné ». C’est ainsi qu’ils ont baptisé leur camp situé non loin de « l’immeuble de la mort » (immeuble ministériel n°1) à Yaoundé.
S’exprimant en fulfuldé, ces adolescents s’empoignent violemment et sont prêts à la bagarre. L’un demande à l’autre de lui rembourser son argent (100 francs Cfa), qu’il réclame depuis plusieurs jours. L’accusé affirme être dans l’incapacité de rembourser. Cette querelle ne dérange personne. Aucun autre enfant de la rue ne réagit parmi la trentaine. Ils arrêteront leur dispute d’eux-mêmes, cinq minutes plus tard. Pourtant, ici, ils sont bien organisés, avec à leur tête un président. Ce mercredi 25 février, à 14h, une trentaine d’enfants, assis autour des arbustes, dialoguent. Certains aspirent de la colle et d’autres fument le « mbanga ». Une drogue qui, selon ces derniers, leur donne la force de résister à la famine et d’oublier leurs problèmes. D’autres, plus jeunes, jouent dans la petite cour.

« Les gens ici n’aiment pas les Ong et même les centres sociaux de l’Etat, parce qu’ils ont déjà tellement abusé des enfants de la rue. Ils s’enrichissent en créant leur répertoire, en faisant des documentaires et des photographies. Ils promettent en retour une prise en charge ou une aide pour le retour en famille. Ce qui n’est jamais le cas, alors qu’ils bénéficient des financements étrangers », raconte Amadou Messe alias Mengue, président des enfants de la rue du Mfoundi, pour expliquer l’attitude de ses camarades. C’est d’ailleurs grâce à celui-ci que les enfants de la rue seront moins violents et moins réticents. En dialoguant avec eux, l’on se rend compte qu’ils sont plutôt dociles. Mais pas question de les photographier.

Huttes imperméables

Dans ce petit monde entouré de broussaille, il y a six habitations, de 2,5m² en moyenne. Ce sont des huttes essentiellement constituées de cartons, de contreplaqués et revêtues de plastiques. Des hangars construits il y a un an, bien qu’il y existait déjà, depuis plusieurs années, un site de rencontres. « Dieu sait comment il loge ses enfants. Même s’il neige, nous dormons calmement. Ces hangars ne se sont pas détruits depuis leur construction », affirme Adamou Nasourou, entré dans la rue en 2005. Il partage sa hutte simplement constituée d’un matelas, d’un drap et d’une natte avec six autres amis.

L’ « Astre abandonné » est également le lieu où convergent tous les enfants de la rue qui errent à la Poste centrale et à l’avenue Kennedy. Réunis, ils peuvent y manger, comme hier, du couscous de manioc avec du foléré préparé par Amadou Messe, après avoir déboursé 250 francs. Il y a également les frites de patate et du poisson. L’avantage ici est que les clients peuvent manger et payer plus tard.

L’activité lucrative qui préoccupe ces enfants provenant de toutes les régions, c’est la recherche de la ferraille. Le vacarme des marteaux qui plient les morceaux de fer ramassés dans la ville l’atteste. « Nous revendons ces fers à 50 francs le kilogramme à Mokolo ou alors à Mvog-Ada. C’est cet argent qui nous permet d’acheter de quoi manger », affirme Adama, 19 ans. Une preuve, selon lui, que tous les enfants de la rue ne sont pas des agresseurs. « Même dans les administrations, il y a des voleurs. Il y a des enfants ici qui n’ont jamais volé », se justifie-t-il.
Beaugas-Orain Djoyum

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