Elna du Toit dénonce « l’injustice » dont sont victimes ses employés incarcérés à Kondengui.
La directrice générale de la société de transport interurbain, Le Car, Elna du Toit et plusieurs hauts cadres de l’entreprise ont écrit une lettre au président de la République du Cameroun, Paul Biya, le 29 janvier dernier. Et pour cause, le chef d’agence du Car, Tina II, et trois agents de sécurité (Guy Dzenang, Bengono Modo et Samson Esselebo) de la société de transport interurbain ont été placés sous mandat de dépôt à la prison centrale de Kondengui par le procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Ekounou, le 29 janvier dernier après avoir été interpellés de leur lieu de service le 25 janvier, sans mandat d’arrêt. Leur audition a été renvoyée au 09 février prochain.
Dans cette lettre il est mentionné que « Georgette Bomono (juge au Tribunal de première instance de Yaoundé, Centre administratif, ndlr) a utilisé sa position de pouvoir pour justifier une faute personnelle et a par conséquent soumis des innocents à une cruelle souffrance. Ses actions ont perturbé les opérations, à la fois de Le Car Transportation Corporation et de G4S Security ». Après la description des circonstances de l’incident survenu dans son agence le 25 janvier dernier et la description des conditions de détention de ses employés, elle lance un appel à Paul Biya, qui, dit-elle, a appuyé l’implantation de Transnational Automotive Group au Cameroun en Septembre 2006. Un appel pour mettre « un terme à cette injustice et ces traitements inhumains. Nous demandons également au président d’interdire les actions des individus qui abusent de leur position de pouvoir pour intimider les autorités et bafouer les procédures légales du système en vue de servir leurs propres intérêts ». Car écrit-elle, toutes les procédures officielles qu’elle a suivies ont jusqu’ici été vaines. Une copie de la lettre a été transmise à Amadou Ali, vice-premier ministre, ministre de la Justice, Garde des sceaux.
Pour Philip du Toit, président du Conseil d’administration des directeurs de la Transnational Automotive Group (Taug), maison mère des sociétés Le Car et Le Bus, l’acte du magistrat Bomono est un abus qui décourage les investissements étrangers au Cameroun. « Est-ce que cela se passe comme cela dans un pays démocratique ? Je pouvais choisir d’investir dans n’importe quel autre pays africain. Mais j’ai choisi le Cameroun, parce qu’il est un pays de paix et un Etat de droit. Voici le traitement qu’on nous réserve ! », s’indigne Philip du Toit, qui a passé toute la nuit du 25 au 26 janvier 2009 à la brigade de gendarmerie de Ngousso avec ses employés qu’il a essayé de libérer en vain.
Retard
L’interpellation du personnel du Car a été orchestrée par le magistrat Georgette Bomono qui les accusait d’avoir brutalisée sa main. Elle a d’ailleurs présenté un certificat médical qui atteste son indisponibilité pendant 25 jours. Il faut tout de même noter que le 27 janvier dernier, cette dernière était bien dans son bureau au Tpi de Yaoundé Centre administratif, où elle a reçu plusieurs personnes jusqu’à 17h30, hormis le reporter du Jour qu’elle a fait attendre en vain. Hier, 02 février 2009 à 13h50 encore, elle y était, sans lésions à la main, et a une fois de plus demandé au reporter du Jour, qui voulait avoir sa version des faits, d’attendre. Une fois de plus en vain. « Quand je suis arrivé dans son bureau le matin, elle était au téléphone et j’ai suivi qu’elle devait descendre sur le terrain avec des avocats. Je suis donc parti avant de revenir, car j’ai senti qu’elle était sur le point de sortir (il est14h, ndlr) », rapporte un client du magistrat ayant requis l’anonymat, qui l’attendait également hier.
La sœur du magistrat, qui avait acheté son billet pour le départ à destination de Douala à 17h, était arrivée à l’agence, selon de sources concordantes, avec 13 minutes de retard. Invitée à attendre le prochain bus, Georgette Bomono qui l’accompagnait s’était énervée (elle réclamait le remboursement, mais il lui a été demandé d’attendre le prochain bus de19h) et a déchiré le manifeste de la compagnie que les agents de sécurité tentaient à récupérer de ses mains. Elle s’en ira et reviendra quelques heures plus tard en compagnie de deux gendarmes et du procureur de la République près du Tpi d’Ekounou. Ces derniers vont ordonner l’arrestation du chef d’agence et des trois agents de sécurité de l’agence. Le personnel du Car qui prend à témoin les passants et tous les passagers, dont certains ont été entendus sur procès verbal, conteste toutes les accusations de Georgette Bomono.
Beaugas-Orain Djoyum
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