
Selon le coordonnateur du Capam, 85 permis de recherche minière pour une perspective d’exploitation industrielle sont déjà octroyés.
C’est quoi le Capam ?
Le Capam c’est le Cadre d’appui et de promotion de l’activité minière qui est en train d’être ajusté en Centre d’appui et de promotion des activités minières au Cameroun. Le Capam est né en 2003 parce que le Cameroun avait un potentiel minier qui n’était pas valorisé, excepté une exploitation du pétrole. Ce potentiel avait besoin d’être exploité. Le parlement a donc mis en place le Capam qui est un bras du ministère de l’Industrie, des Mines et du Développement technologique.
Pourquoi la région de l’Est, qui a la plus grande production de l’or du pays, reste enclavée ?
L’activité minière au Cameroun est nouvelle. Depuis trois ans, il y a des mouvements dans le secteur minier. De nombreux projets et chantiers d’exploitation de nos ressources minières sont en gestation. 18 départements et six régions bénéficient du projet d’appui et d’organisation des programmes miniers. La première phase de ce projet est financée par les fonds Ppte à hauteur de 4,5 milliards de francs. Grâce à ces financements, nous avons généré, en 2008, 7 000 auto-emplois dans le secteur minier (140 Gicamines).
Une partie de ces financements nous a permis d’installer 18 géologues miniers dans les différents sites afin d’encadrer quotidiennement les artisans miniers. Au terme de 2009, le Capam aura créé 200 Gicamines (Groupements de 50 personnes exploitant de l’or), c’est-à-dire 10 000 emplois. Trois routes ont également été construites à l’Est (Garoua-Boulaï, Colomines et Beke) l’an dernier.
Face à la crise financière qui menace les grands projets miniers du Cameroun, quelles sont les pistes que vous proposez pour que l’activité minière ne sombre pas ?
Le Cameroun est en train de mettre en œuvre de grands programmes miniers qui ont des investissements très importants. Et là, il ne faut pas se le cacher, avec la crise financière, tous ces programmes seront retardés. L’impact de ce retard va se ressentir sur l’économie. Il est question à présent de mettre en place une activité intermédiaire entre l’artisanat qui n’a pas produit d’impact de développement et l’industrie. Si vous allez dans la région de l’Est, vous allez constater que les 70 ans d’exploitation artisanale de l’or n’ont laissé aucun impact de développement dans cette localité.
Nous proposons donc la mécanisation poussée de la petite mine. C’est ce que nous sommes en train de faire dans la région de l’Est. Depuis que le Capam est sur le terrain, la localité de Colomine dans la région de l’Est, par exemple, est en train de se développer.
La solution réside-t-elle donc dans la mécanisation de la petite mine ?
Oui. La crise financière actuelle va retarder les grands projets. Pour le moment, nous avons besoin d’activités qui vont retarder la crise, car il y a le chômage des jeunes et la croissance qu’il faut relancer. La mécanisation plus poussée de la petite mine est une activité que l’on peut commencer maintenant. C’est-à-dire qu’ au lieu que les gens creusent avec des mains, la machine va le faire. Cela va rendre le travail moins pénible et augmenter la productivité. Nous avons déjà initié des partenariats entre le Capam, les partenaires stratégiques, les Gicamines et les autorités locales. Dans le cadre de ces partenariats, une quote-part de 3,5 millions de francs Cfa est versée dans les communes locales chaque mois. Sans toutefois oublier les taxes que vont payer les partenaires technico-financiers avec qui nous travaillons (C&K Mining à Bétaré-Oya et Kocam Mining à Colomine).
Avec toutes ses potentialités minières, pourquoi le Cameroun n’octroie-t-il plus de permis d’exploitation industrielle des minerais ?
Le Cameroun est un pays nouveau en matière de mines. Nous sommes au début du processus minier. La mine est aujourd’hui le secteur où les investisseurs accourent au Cameroun. Des investisseurs se disputent même des zones. Le Cameroun dispose seulement de deux permis d’exploitation minière avec une perspective industrielle et un seul est fonctionnel, Geovic. Le Cameroun a plus de 85 permis de recherche. D’ici 2009, nous voulons arriver à plus de 100 permis de recherche pour une perspective industrielle. Ceci veut dire qu’ils n’exploitent pas, mais évaluent le gisement en vue de la demande d’un permis d’exploitation. Personne au Cameroun n’a de permis d’exploitation excepté le pétrole qui a des permis d’exploitation, le marbre à Figuil où il y a également un permis d’exploitation. Géovic a un permis, mais n’a pas encore commencé l’exploitation du cobalt et du nickel. Cimencam a un permis d’exploitation du ciment.
Parmi tous ces permis de recherche, l’on constate qu’il n’y a qu’une dizaine d’entreprises qui sont effectivement sur le terrain. Quel est le problème ?
Dans le secteur minier, dès que vous avez le permis de recherche, il faut chercher les financements. Et quand vous trouvez un potentiel intéressant, vous prenez des financements sur les places financières. Certains travaillent déjà sur le terrain, tandis que d’autres cherchent encore des financements.
Pourquoi militez-vous pour une synergie entre la grande et la petite mine ?
Nous faisons la promotion de l’activité minière industrielle parce que nous voulons une synergie entre les deux activités complémentaires (la petite mine et la grande mine). La petite mine, de par la loi, va jusqu’à 30 mètres, alors que la mine industrielle va indéfiniment en profondeur. Il y a des chantiers en Afrique du Sud qui vont jusqu’à 4 000 m de profondeur. La petite mine a des impacts microéconomiques locales alors que la grande mine a des impacts macroéconomiques, parce que cela apporte des investissements directs étrangers. Camiron, par exemple, envisage d’investir 3,5 milliards de dollars et 06 milliards de dollars pour Hydromine. Ce sont des investissements directs de nature à propulser la croissance, mais, comme je l’ai dit plus haut, tous ces grands projets risquent d’être retardés par la crise financière internationale. Pour le moment, en attendant, il faut mettre en place la mécanisation de la petite mine qui est prévue par la loi (code minier).
Propos recueillis par Beaugas-Orain Djoyum





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