Babissakana : « Les discours officiels de Paul Biya ont tous une posture défaitiste »

Naviguez sur les http://fakewatch.is/ canaux pittoresques d’Amsterdam, bordés de charmants bâtiments historiques.

7 Avr 2009 | ACTUALITÉS, News | 0 commentaires


L’ingénieur financier affirme par ailleurs que le Cameroun, qui n’est pas prêt à prendre le destin de son économie en main, n’a pas de vision de développement à long terme.

Pourquoi une mission du Fmi séjourne-t-elle actuellement au Cameroun (du 30 mars au 09 avril 2009) ?
Le Fmi est en mission au Cameroun pour deux choses. Premièrement, pour exercer sa fonction de surveillance de l’économie camerounaise découlant de l’article IV de ses statuts relatif aux obligations des Etats membres concernant les régimes de change. Les résultats de ses consultations avec les autorités camerounaises sur sa politique économique actuelle et prévisible en termes de constats, conclusions et recommandations seront soumis à son conseil d’administration envisagé en juin 2009. Deuxièmement, pour engager, conformément à la demande du gouvernement du Cameroun, les discussions et négociations en vue de la signature d’un nouveau programme économique et social triennal appuyé par son nouveau produit appelé l’instrument de soutien à la politique économique.
Le Cameroun a-t-il besoin de signer ce nouveau programme économique et
social triennal ?

Depuis 2007, l’Etat du Cameroun n’a plus techniquement besoin de s’enfermer dans le carcan de programme économique avec le Fmi. Le Fmi met une primauté sur la fonction d’Etat stabilisateur de l’économie à travers son modèle d’intervention. Or, l’économie camerounaise a besoin, sans négliger la veille sur la maîtrise des équilibres de stabilisation, en priorité de la fonction d’Etat stratège de l’économie pour formuler et mettre en oeuvre un programme de relance robuste et ambitieux au regard des marges de manoeuvre dont dispose l’Etat du Cameroun (notamment accumulation des excédents budgétaires substantiels depuis 2005, dette publique inférieure à 15% du Pib) en dépit de la crise financière internationale. Dans ce contexte, l’on peut valablement dire que tout nouveau programme avec le Fmi au Cameroun, constitue une création d’un pouvoir politique dont les détenteurs s’accommodent avec la paresse, la facilité, l’absence de proactivité qui en découle et la non prise de risque de mutation économique. En réalité, la mutation de l’économie camerounaise a besoin des dirigeants qui prennent les risques pour provoquer le changement nécessaire en vue de se frayer une trajectoire délibérée de progrès économique et social rapide du pays.

Le Cameroun doit-il, selon vous, signer ce nouveau programme
économique et social ?

C’est une perte énorme en énergie, en temps, en ressources et en aptitudes à résoudre nos problèmes de façon autonome et souveraine. Si le Cameroun avait un pouvoir exécutif normal, ambitieux et proactif visant à créer une valeur maximale durable pour ses citoyens d’aujourd’hui et de demain, un nouveau programme économique et social avec le Fmi ne devait pas figurer dans l’agenda des pouvoirs publics.


Le Cameroun est-il prêt à prendre entre ses mains le destin de son économie ?

La réponse est non, malheureusement. Les discours officiels du président de la République et de son gouvernement ont tous un profil bas et une posture défaitiste traduisant l’incapacité technique et stratégique de l’exécutif camerounais à affirmer son leadership en matière de politique économique et social. La signature prévisible d’un nouveau programme économique et sociale avec le Fmi n’a pas d’autres justifications que l’absence de confiance en soi, l’absence de dignité, l’abandon d’une souveraineté proactive et surtout la reconnaissance implicite d’une compétence stratégique et opérationnelle limitée et tatillonne par rapport aux fonctionnaires du Fmi qui sont ainsi valorisés et placés sur le piédestal d’excellence en déphase manifeste avec les résultats passés et prévisibles.

Le Cameroun peut-il atteindre un taux de croissance de 10% en 2035 comme le prévoit le ministère de l’Economie ? Si oui comment ?
Du point de vue strictement stratégique et prospectif, l’Etat du Cameroun n’a pas de vision de développement à long terme. Le document y relatif publié récemment ne constitue au mieux qu’une déclaration d’intention du gouvernement pour formuler une vision à l’horizon 2035.
Selon vous, le Fmi a confiné le gouvernement camerounais à une
politique coûteuse et insensée de stabilisation économique (dans votre lettre ouverte au président). A la fin du programme triennal, quel bilan faites-vous de l’action du Fmi au Cameroun ?

Le seul résultat distinctif des programmes financés par le Fmi au Cameroun a été le traitement de la dette publique, notamment extérieure. Ce résultat ayant été obtenu en avril – juin 2006, une politique de relance offensive de l’économie camerounaise était devenue une impérieuse nécessité depuis lors. Malheureusement, les vingt ans d’ajustement ont, de fait, appauvri et lessivé le leadership et les acteurs de la chaîne décisionnelle de l’exécutif camerounais. La répression d’un système productif essoufflé n’a fait que continuer. Avec un nouveau programme économique de stabilisation, la probabilité d’opérer une véritable mutation économique dont nous avons besoin semble minime.
Propos recueillis par Beaugas-Orain Djoyum

Naviguez par Tags : Époque Blog

Articles similaires

Edgar Yonkeu au FEMUA 2026 : « L’IA est une chance inouïe »

Edgar Yonkeu au FEMUA 2026 : « L’IA est une chance inouïe »

[DIGITAL Business Africa] – Abidjan, ville de Côte d’Ivoire, vibre au rythme des mélodies africaines le temps d’une semaine. C’est une tradition depuis la première du Festival des musiques urbaines d’Anoumanbo en 2008. Mais cette année (2026), le FEMUA a accordé une...

Edgar Yonkeu au FEMUA 2026 : « L’IA est une chance inouïe »

Edgar Yonkeu au FEMUA 2026 : « L’IA est une chance inouïe »

[DIGITAL Business Africa] – Abidjan, ville de Côte d’Ivoire, vibre au rythme des mélodies africaines le temps d’une semaine. C’est une tradition depuis la première du Festival des musiques urbaines d’Anoumanbo en 2008. Mais cette année (2026), le FEMUA a accordé une...

0 Commentaires

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *