
Le commerce des Cd piratés à la Poste centrale suit son cours avec des prix revus à la baisse.
Sera-t-elle surprise, Charlotte Dipanda, si elle fait un tour à la Poste centrale de Yaoundé ? Peut-être pas, car les pirates ne dorment pas. « Les pirates m’ont beaucoup excusée, ils sont très gentils avec moi. Je crois que cela va faire un mois que l’album est sorti et pour l’instant, je n’ai pas à me plaindre. Il n’y a pas de Cd piratés au nom de Charlotte Dipanda », déclarait- elle au journal Le Jour en mai 2009. Un mois plus tard, la donne a changé. Hier, 21 juin 2009, à 12h, à la Poste centrale de Yaoundé, le Cd de l’auteur de Mispa était exposé à la devanture de la cathédrale et proposé à la modique somme de 250 francs. 300 francs chez d’autres vendeurs.
Il y a quelques mois, les Cd piratés étaient vendus à 500 francs. Aujourd’hui, les prix ont chuté. Stéphane Abena est un grossiste de Cd piratés depuis huit ans. En 2001, affirme-t-il, les Cd piratés étaient vendus à 1 500 francs ou 2 000 francs. « J’achetais les Cd ’’Singapour’’ aux grossistes qui venaient du Nigeria à 750 francs la pièce. Je livrais le Cd à 1 000 francs Cfa aux revendeurs qui les plaçaient à 1 500 ou 2000 francs », se souvient, nostalgique, Stéphane Abena.
Sursis
Une époque révolue. Aujourd’hui, il n’a que 50 francs par Cd. « Je suis obligé de venir vendre moi-même les Cd à 300 francs pour avoir un bénéfice acceptable, car je livre ces Cd aux revendeurs à 200 francs », confie- il. Pourquoi cette baisse abrupte des prix ?
« Il y a un graveur qu’on appelle Turbo qui permet de graver 12 Cd à la fois en trois minutes. Il coûte 300 000 francs et beaucoup de personnes aujourd’hui au Cameroun en possède. C’est pour cela que le prix du Cd a baissé», explique Stéphane Abena.
A ce jour, les Cd les plus sollicités par les clients sont ceux d’Hugo Nyamè (Pardon madame), de Richard Amougou (Donne-moi), de X-Malea, d’Ama Pierrot (Jalousie), de Belka Tobis (Trajectoire), de Charman M (Code Pin) ou encore de Charlotte Dipanda (Mispa). Ces Cd sont mis en exergue sur les étals. Pas besoin de marchander, les prix sont écrits au sol. 250 francs par- ci et 300 francs par là. Et les clients s’en réjouissent. « Avec 500 francs, j’ai deux Cd ! », s’exclame l’un d’eux.
Les vendeurs de Cd piratés sont en perpétuel sursis à la Poste centrale de Yaoundé. C’est à partir de 18h qu’ils peuvent commencer à vendre. « Tsimi Evouna nous fait dur ! », lance Stéphane Abena. « Il n’y a que les dimanches que nous pouvons vendre ici en journée car la police veille à ce que aucune marchandise ne soit exposée à la Poste centrale », indique-t-il. La dernière descente armée de la Socam ici pour traquer les vendeurs de Cd piratés date de février 2009. « Ils ont saisi de nombreux Cd, mais quelques temps après, des gens sont revenus nous revendre les mêmes Cd », regrette Stéphane.





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