RD Congo : l’éternel problème de la gestion du .cd qui risque chaque année de plonger tous les sites web en .cd dans le noir

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25 Nov 2021 | News | 0 commentaires

[Digital Business Africa] – Tous les sites web en .cd, le nom de domaine de premier niveau appartenant à la République démocratique du Congo, auraient pu être déconnectés ce 24 novembre 2021 alors que la RD Congo était sous les feux des projecteurs avec l’organisation du DRC-AFRICA BUSINESS FORUM. Un événement économique organisé au Palais du Peuple de Kinshasa en présence de nombreuses personnalités politiques et du monde des affaires et surtout présidé par le président Félix Antoine Tshisékedi avec son homologue zambien Hakainde Hichilema. Quelle image pour le pays cela aurait été !

Aujourd’hui, ces sites web sont certes fonctionnels, mais auraient pu être piratés ou rendus inaccessibles. Et pour cause,  le registre du .cd a oublié de renouveler le nom de domaine .net sous lequel tous les serveurs de noms pour .cd sont hébergés. Il s’agit du nom de domaine utilisé dans les délégations NS pour le ccTLD de la RD Congo, le .cd.

C’est le site web spécialisé bNamed.blog qui annonce en premier l’expiration de ce domaine et informe par son article les autorités du pays (la SCPT) qui prennent les dispositions d’usage en vue de son renouvellement.

Ce n’est malheureusement pas la première fois que le .cd manque de renouveler à temps ces noms de domaine nécessaires pour son .cd.

Le registre .cd utilise trois serveurs de noms situés dans des endroits indépendants. Mais tous ont des sous-domaines du même nom de domaine scpt-network.net. Et ce nom de domaine a expiré il y a quelques jours, indique bNamed.blog. Plus encore, ce nom de domaine est enregistré par un revendeur d’eNom n’ayant pas de site web actif.

L’an dernier, la RD Congo a fait face au même problème. Le pays utilisait de domaine scpt-network.com pour les serveurs de noms et l’ont laissé expirer. Tous les noms de domaine en .cd ne sont pas tombés complètement en panne même si bon nombre étaient inaccessibles, car le pays disposait également des serveurs de noms sous un autre nom de domaine qu’il louait à un grand fournisseur de réseau africain. Le nom de domaine scpt-network.com a été réenregistré par la suite par un hacker éthique qui l’a heureusement rendu au registre .cd.

« D’après un article de Charlie Osborne du 18 janvier 2021, domaine.cd qui prend 50% du trafic avait expiré. La RDC a évité de peu la catastrophe car le domaine.CD qui avait expiré n’avait pu être renouvelé à temps, d’après lui. Pour éviter que le domaine ne tombe entre les mauvaises mains, Fredrik Almorth, responsable d’une société d’ingénierie chez Detectify l’a acheté le 30 décembre 2020. Ensuite, d’après ce blog, le nouveau propriétaire a restitué le domaine.CD le 7 janvier au propriétaire légitime (La RDC) », explique un communiqué des  responsables des Médias d’information en ligne en République démocratique du Congo (MILRDC) qui tiraient la sonnette d’alarme en janvier 2021 sur la gestion du .cd. Visiblement, pas grand-chose n’a changé au regard du manquement du renouvellement de novembre 2021.

L’éternel problème de la gestion du .cd

En 2013 déjà, tous les sites web gouvernementaux de la RD Congo et des acteurs du secteur privé en .cd, y compris les portails web du gouvernement, avaient été indisponibles pendant deux jours. Les autorités du pays pointaient un doigt accusateur sur Christian Tshimanga Kamukoko, un ancien de la SCPT, basé en Afrique du Sud. Le gouvernement parlait alors d’un acte de sabotage de sa part à la suite de la décision de la SCPT de le suspendre de la gestion du .cd.

Deux versions de ce problème sont entendues. D’abord, celle du ministre en charge des Postes et Télécommunications de l’époque, Tryphon Kin Kiey Mulumba. Pour lui, Les problèmes du .cd commencent lorsque la Société congolaise de poste et des télécommunications (SCPT) veut récupérer la gestion du .cd qui était jusque-là géré en Afrique du Sud par Telkom, affirme-t-il. Cet opérateur sud-africain avait recruté et formé pour le compte de la SCPT le Congolais Christian Tshimanga Kamukoko à la gestion de ce nom de domaine de premier niveau. Mais, la SCPT, dans sa volonté de se réapproprier le .cd, a « unilatéralement » rompu le contrat avec Telkom, indiquait le ministre. Elle avait également licencié Christian Tshimanga le 30 octobre 2013 et l’avait remplacé par David Kinsaka. Raison évoquée de cette dernière décision, Christian Tshimanga ne réside pas au pays et travaille plutôt pour Telkom.

« La réaction de Christian Tshimanga est celle que nous déplorons : il déconnecte le .cd et c’est le bug planétaire (…) C’est comme si aucun aéroport du pays n’était accessible par aucun avion, exactement comme si le pays tout entier était coupé de téléphone… Il n’y a pas que les aspects de sécurité nationale, il y a des aspects liés à l’administration de l’Etat, aux transactions financières, à la marche de l’économie, etc.», déplorait le ministre devant les députés de l’Assemblée nationale qui voulaient comprendre les contours de ce problème le 22 janvier 2013.

Une médiation est entamée entre la Primature et Christian Tshimanga Kamukoko. «Il  est revenu à de bons sentiments, provisoirement », confiait le ministre à Digital Business Africa (alors TIC Mag). Le ministre ajoutait que ce dernier qui avait refusé de se rendre en RD Congo a finalement accepté de le rencontrer très prochainement à Kinshasa.

Telkom Management Services 

Ensuite, la seconde version est celle donnée par certains cadres de la SCPT. Rencontré par Digital Business Africa, David Kinsaka, alors responsable des nouvelles technologies à la SCPT et remplaçant de Chris dans la base de données de l’Icann, n’était pas d’accord avec les arguments du ministre. « Déjà, il ne s’agit pas de l’opérateur téléphonique Telkom. C’est un cabinet sud-africain au nom de Telkom Management Services », précisait-il. En plus, ajoute-t-il, ce cabinet n’a jamais signé un quelconque contrat avec la RDC, encore moins avec la OCPT devenu SCPT. « Je mets quiconque au défi de me montrer un contrat signé avec eux », indiquait-il.

D’après ses explications, à l’époque, les responsables de ce cabinet étaient venus proposer leur service de gestion du .cd à l’OCPT, mais le conseil d’administration de l’OCPT avait refusé de signer le contrat. Néanmoins, la direction de l’époque leur avait laissé la latitude de travailler de manière provisoire en attendant une probable signature d’un contrat. Seulement, la situation provisoire a duré. Et c’est ainsi que Chris qui était parti avec les Sud-africains a commencé à travailler avec eux sur la gestion du .cd sur des serveurs en Afrique du Sud.

Le problème, raconta David Kinsaka à Digital Business Africa (alors sous l’appellation de TIC Mag), c’est que Chris a commencé à réclamer son salaire auprès de la SCPT et de la Primature. Mais, la SCPT n’avait pas une base légale sur laquelle elle le rémunérer. Il indique que la SCPT lui a même demandé de lui facturer ses services. Ce qu’il n’a pas fait. Chris a do

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