Maintien de SGS au Port de Douala : Louis-Paul Motaze explique pourquoi le Premier ministre a écarté Transatlantic D. SA [Vidéo]

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1 Fév 2026 | News | 0 commentaires

[Digital Business Africa] – En revenant sur le dossier sensible du scanning des marchandises au Port autonome de Douala (PAD), le ministre des Finances, Louis-Paul Motaze, a éclairé les motivations ayant conduit le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, à maintenir la Société Générale de Surveillance (SGS) et à écarter Transatlantic D. SA. Une décision gouvernementale fondée sur la sécurité juridique, la maîtrise des risques financiers pour l’État et le respect strict des engagements contractuels en cours.

L’intervention du ministre des Finances sur ce dossier est intervenue dans un contexte particulier. Diffusée le 29 janvier 2026 dans l’émission « Questions économiques » sur la CRTV, l’interview avait en réalité été enregistrée avant la réunion tenue le même jour à la Primature, réunion qui a, par la suite, acté officiellement le maintien de SGS au Port de Douala-Bonabéri. Cette précision de calendrier permet de mieux comprendre la prudence affichée par le ministre dans ses propos.

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Scanning au Port autonome de Douala, endettement public et réserves de change figuraient parmi les principaux thèmes abordés lors de cette émission. Interrogé sur le conflit de compétences autour du scanning des marchandises, opposant l’opérateur historique SGS à Transatlantic D. SA, Louis-Paul Motaze a tenu à rappeler qu’un arbitrage était en cours au plus haut niveau de l’État.

Conscient de la sensibilité du dossier et de l’imminence de la décision gouvernementale, le ministre des Finances a volontairement évité d’entrer dans une analyse approfondie. Il a donc d’entrée de jeu indiqué qu’il ne va pas aller au fond du problème, parce qu’il n’a pas envie de préempter la décision qui va être prise, indiquant clairement que l’arbitrage final relevait de la Primature. Une posture de réserve assumée, destinée à ne pas influencer le choix du Premier ministre.

Prévenir le paiement des indemnités

Au-delà de cette prudence, Louis-Paul Motaze a rappelé les principes qui, selon lui, devaient impérativement guider toute décision de l’État dans ce dossier.

En tant que garant des finances publiques, il a mis en garde contre les conséquences financières potentiellement lourdes d’une rupture contractuelle opérée en dehors des règles de droit. « Je suis le ministre qui est souvent amené à payer des indemnités fortes lorsque, sur le plan juridique, les choses ne se sont pas passées selon les normes », a-t-il souligné.

Pour le ministre des Finances, la souveraineté de l’État n’est pas remise en cause, mais elle doit s’exercer dans un cadre légal strict. « Un État, un gouvernement a le droit de prendre les décisions qu’il veut… mais faisons-le selon les normes et les formes », a-t-il insisté, rappelant que l’efficacité administrative ne saurait primer sur la sécurité juridique.

Louis-Paul Motaze a par ailleurs révélé avoir saisi la direction générale du Port autonome de Douala afin de rappeler que le contrat de scanning en vigueur n’avait fait l’objet d’aucune résiliation formelle. « J’ai saisi le directeur général du Port pour lui rappeler qu’il y a un contrat. Il me semble que certains pensaient que le contrat n’était plus en vigueur. Le contrat est en vigueur, il suffit de le lire », a-t-il tranché.

C’est finalement le 29 janvier 2026, à l’issue de la réunion tenue à la Primature, que le Premier ministre a acté le maintien de SGS au Port de Douala-Bonabéri, écartant de fait la solution Transatlantic D. SA. Une décision qui apparaît, à la lumière des déclarations du ministre des Finances enregistrées en amont, comme la traduction concrète d’une ligne gouvernementale fondée sur le respect de la parole contractuelle, la prévention des risques budgétaires et la préservation de la crédibilité juridique de l’État camerounais.

Scanning au Port de Douala : retour sur une crise institutionnelle majeure

Le dossier du scanning des marchandises au Port autonome de Douala-Bonabéri s’est progressivement transformé, depuis fin décembre 2025, en une crise institutionnelle révélatrice de tensions profondes entre gouvernance portuaire, administration douanière et chaîne décisionnelle de l’État.

Au cœur de cette controverse figure le contrat liant l’État du Cameroun à Société Générale de Surveillance (SGS) pour les opérations de contrôle non intrusif des marchandises. Signée en 2015 pour une durée de dix ans, cette convention prévoit toutefois que le point de départ effectif de sa validité corresponde à la mise en exploitation complète du dispositif, matérialisée par l’installation du quatrième scanner. Or, selon les autorités gouvernementales, cette condition n’a été remplie qu’en 2022, repoussant de facto l’échéance contractuelle à 2032.

Malgré cet élément contractuel central, la direction du Port autonome de Douala (PAD) a engagé, fin 2025, un processus visant à confier les opérations de scanning à Transatlantic D. SA, suscitant une vive réaction de plusieurs administrations, notamment la douane et le ministère des Finances. Ces derniers ont estimé qu’aucune résiliation formelle du contrat SGS n’avait été opérée, exposant ainsi l’État à de lourds risques juridiques et financiers.

Saisi de la situation, le ministre des Finances avait, dès décembre 2025, adressé une correspondance au directeur général du PAD pour lui rappeler que le contrat SGS demeurait juridiquement en vigueur. Une instruction restée sans effet immédiat sur le terrain, alors que Transatlantic D. SA poursuivait le déploiement de ses équipements.

Face à l’escalade des tensions et aux risques de contentieux internationaux, le dossier a été porté au plus haut niveau de l’État, donnant lieu à plusieurs concertations, notamment à la Présidence de la République, puis à une réunion décisive tenue à la Primature le 29 janvier 2026. C’est à l’issue de cette dernière que le Premier ministre a tranché en faveur du maintien de SGS, mettant un terme à la tentative de substitution opérée par le PAD.

Cette affaire met en lumière les limites de l’autonomie décisionnelle des établissements publics face aux contrats engageant l’État, ainsi que les enjeux stratégiques liés au scanning, considéré comme un outil clé de sécurisation des recettes douanières et de gouvernance portuaire. Elle pose également, en filigrane, la question de l’anticipation de l’après-2032 et des conditions dans lesquelles l’État camerounais entendra redéfinir sa politique de contrôle non intrusif des marchandises.

Par B-O.D, Digital Business Africa

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