La France interdit l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans : une décision qui pourrait inspirer l’Afrique
[DIGITAL Business Africa] – Le 27 janvier 2026, l’Assemblée nationale française a adopté en première lecture une proposition de loi interdisant aux mineurs de moins de 15 ans l’accès aux réseaux sociaux tels que TikTok, Instagram ou Snapchat. Soutenue par le président Emmanuel Macron et portée par la députée Renaissance Laure Miller, cette mesure vise à protéger la santé mentale des adolescents face aux dangers du cyberharcèlement, de l’exposition à des contenus violents et de la dépendance numérique.
À l’Assemblée nationale, un amendement de la députée socialiste Ayda Hadizadeh a néanmoins été adopté. Il établit que les fournisseurs de réseaux sociaux “garantissent que les mineurs ne sont pas exposés à une pression commerciale excessive” et interdit également la “promotion de produits ou services susceptibles d’altérer la santé physique ou mentale des mineurs” sur les réseaux sociaux qui leur sont destinés.
Les plateformes concernées
- Interdits : TikTok, Instagram, Snapchat et autres réseaux sociaux publics.
- Exclus : les messageries privées (WhatsApp, Messenger) et les plateformes éducatives.
Mise en œuvre prévue
- Rentrée 2026 : interdiction pour les nouveaux comptes.
- 1er janvier 2027 : extension à tous les comptes existants, avec obligation de vérification de l’âge.
Les enjeux politiques et juridiques
- Le texte a été adopté par 116 voix contre 23, avec un large soutien du camp présidentiel et de plusieurs partis.
- Certains opposants, notamment La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, dénoncent un « paternalisme numérique ».
- Le gouvernement doit encore s’assurer de la compatibilité avec le droit européen, notamment avec le Règlement sur les Services Numériques (DSA).
Une mesure pionnière
Si elle est définitivement adoptée, la France deviendra le deuxième pays au monde, après l’Australie, à imposer une telle restriction.
Et les téléphones dans les lycées ?
Plutôt qu’une interdiction totale du téléphone portable, chaque établissement devra définir ses propres règles d’utilisation des téléphones dans son règlement intérieur.
Le satisfecit de Macron
Le président Emmanuel Macron a réagi directement sur son compte X :
« Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans : c’est ce que préconisent les scientifiques, c’est ce que demandent massivement les Français. Après un travail fructueux avec le Gouvernement, l’Assemblée nationale vient de dire oui. C’est une étape majeure. Au Sénat maintenant de poursuivre ce travail constructif. Pour que cette interdiction soit effective dès la rentrée prochaine, j’ai demandé au Gouvernement d’activer la procédure accélérée. Parce que le cerveau de nos enfants n’est pas à vendre. Ni aux plateformes américaines, ni aux réseaux chinois. Parce que leurs rêves ne sauraient être dictés par les algorithmes. Parce que nous ne voulons pas de la génération anxieuse mais d’une génération qui croit en la France, la République et ses valeurs. La France, pionnière depuis 2018 de la régulation des plateformes, continue aujourd’hui de l’être en devenant le premier pays d’Europe à s’engager dans cette voie. Au 1er septembre, nos enfants et adolescents seront enfin protégés. J’y veillerai. »
Pourquoi c’est important pour l’Afrique
Cette décision française relance le débat sur la régulation des réseaux sociaux à l’échelle mondiale. Dans plusieurs pays africains, les autorités s’inquiètent également :
- de l’impact des contenus violents ou trompeurs sur les jeunes,
- de la montée du cyberharcèlement,
- et de la dépendance numérique qui affecte la concentration scolaire.
La question se pose désormais : faut-il envisager des mesures similaires en Afrique pour protéger les adolescents, tout en respectant les libertés numériques ?
Pour Beaugas Orain DJOYUM, président de l’association Smart Click Africa, qui milite pour un meilleur usage du web, des réseaux sociaux et des solutions numériques, il s’agit d’une décision salutaire.
« La décision de la France d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans est une avancée majeure que nous soutenons pleinement. En Afrique, la situation est encore plus préoccupante : l’analphabétisme numérique est plus répandu et la maîtrise des réseaux sociaux n’est pas une réalité pour une grande partie de nos jeunes. Cela les expose davantage aux dérives, aux contenus violents, pornographiques et au cyberharcèlement. Nous devons envisager des mesures similaires, adaptées à nos contextes, pour protéger nos adolescents. Mais au-delà de l’interdiction, il est urgent de renforcer l’éducation numérique, d’accompagner les parents et de promouvoir un usage responsable des plateformes. C’est ce que s’attelle à faire, avec ses moyens, Smart Click Africa. L’Afrique doit former une génération qui ne subit pas les algorithmes, mais qui les comprend et les maîtrise. »
Par Digital Business Africa
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