Joseph Vincent Ntuda Ebode : « Les bandits ont réussi à faire une intégration de la criminalité »

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3 Mar 2009 | ACTUALITÉS, News | 0 commentaires

Le politologue analyse les attaques perpétrées hier à Malabo en Guinée équatoriale

Quelle lecture faites-vous des attaques d’hier matin à Malabo ?
On peut faire deux lectures. La première devrait être en rapport avec les acteurs à l’origine de l’attaque et, de ce point de vue, on se rend compte que c’est une attaque qui sort du cadre classique des attaques de cette envergure.
A partir du moment où l’attaque a lieu en pleine journée, portant aussi bien sur le centre névralgique et économique que sur les institutions républicaines. Cela pose un problème de fond, celui des intentions réelles des acteurs, mais aussi celui même de la capacité de ces acteurs de s’imaginer qu’ils étaient en mesure de prendre de vitesse tout un pays en pleine journée.La seconde lecture que l’on pourrait faire c’est que ce n’est pas la première fois que de telles attaques ont lieu dans la sous-région. On semble donc s’acheminer vers une instabilité, une criminalisation régionale. On pourrait d’ailleurs dire que pendant que les Etats peinent à faire l’intégration politique, les bandits ont réussi à faire une intégration de la criminalité. Au Cameroun, au Nigeria, en Guinée équatoriale, ce n’est pas la première fois, que l’on connaît des attaques de cette nature. En tout cas, toute la zone des côtes du Golfe de Guinée semble aujourd’hui s’installer dans une sorte d’insécurité qui est à la fois maritime et terrestre.La troisième manière de lire ces attaques, est en rapport avec la capacité et la spécialité des forces de défense de la sous-région. Dans la réalité, les attaques ont cours avant que les forces de l’ordre ne les repoussent. Cela pose à la fois un problème dans la chaîne de renseignement, mais aussi au niveau de la capacité des populations à appuyer les forces de défense dans la gestion de l’information préventive, car il faut quand même admettre que si on peut attaquer Malabo à 8 h du matin, c’est que ces gens-là sont arrivés, ont dormi quelque part, se sont armés. Ils ont peut-être eu l’information avant, mais le fait même que ce soit possible en pleine capitale et que cela se répète dans bon nombre de pays de la sous-région, doit amener à une réflexion de fond dans la sous-région. A la suite des attaques de Bakassi, la sécurité est devenue un bien mondial. L’insécurité aussi. Bref, le Golfe de Guinée est devenue une zone sous haute tension d’insécurité. Et nos Etats doivent s’y pencher sérieusement.
Quelle est la place de la Guinée équatoriale dans la sous région Afrique centrale ?
La Guinée équatoriale fait partie des pays membres de la Cemac et de la Ceeac. C’est un pays à la fois maritime et continental. En raison de sa configuration géopolitique, c’est un grand producteur de pétrole après l’Angola et le Nigeria. La Guinée équatoriale, en fonction de la faiblesse de sa population, est un pays important dans la production et la consommation des biens économiques de la sous région. Et comme vous le savez, c’est le pays qui a le plus de l’argent en devises dans la banque centrale de la sous-région. Le taux élevé du niveau de vie, la présence des industries pétrolières et gazières attirent des convoitises tant au niveau national qu’international. C’est au nom de la richesse du pays qu’il est attaqué à intervalles régulier.
A qui profitent ces attaques ? Aux agresseurs ou au gouvernement ?
Je pense que ces attaques profitent plus ou moins à tout le monde. Au gouvernement équatoguinéén, parce qu’il vient de montrer qu’il a la capacité de répliquer et de défendre le pays en cas d’attaque. Et aux agresseurs parce qu’ils ont démontré qu’ils peuvent frapper n’importe où et à n’importe quelle heure. Mais de manière générale, les attaques profitent toujours au pouvoir. Parce qu’elles lui permette d’actionner sa capacité de répression. Parce que cela fait longtemps que ces gens n’ont pas utilisé des armes pour réellement combattre une action menaçant même leur vie. Les attaques leur permettent de voir et de réajuster leur capacité de réaction rapide. Et je crois que, de ce point de vue, la Guinée équatoriale vient de démontrer que, même surprise en plein jour, elle peut défendre ses institutions politiques, économiques quelques soient le degré d’armement.
Comme solution pour contrecarrer ces types d’attaques vous préconisez la mutualisation des forces de sécurité de la sous région. Comment doit se faire cette mutualisation des forces pour sécuriser la sous région ?
De manière simple. En mettant d’abord en œuvre les alliances militaires et en intensifiant la coopération en matière de sécurité. En troisième lieu, en formant les gens en fonction de la nature des menaces. Et enfin en rendant la sécurité la priorité numéro une. Ce qui signifie en outre que la sécurité ne peut plus relever uniquement des forces de défense. D’ailleurs, s’il y a des morts, c’est d’abord les civils. Les civils doivent donc également être formés à la veille stratégique. C’est-à-dire à la capacité d’analyse des événements et à la capacité de soupçonner l’insoupçonnable.

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