Jean Marc Bikoko : « Plus de 200 policiers et six commissaires divisionnaires ont envahi notre siège »

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4 Mai 2009 | ACTUALITÉS, News | 0 commentaires


Le président de la Centrale syndicale du secteur public explique pourquoi la manifestation qu’il a organisée le 1er mai dernier a été interdite.

Pourquoi avez-vous appelé les travailleurs Camerounais à boycotter le défilé du 1er mai 2009 ?
Depuis le 11 mars 2000, date de la création de la Csp, nous avons opté de ne jamais assister aux manifestations organisées par le gouvernement le 1er mai. C’est un jour qui a un esprit. C’est un jour commémoratif des massacres des travailleurs à la fin du 19è siècle aux Etats-Unis. Les travailleurs américains avaient manifesté leur envie de réduire la durée du travail journalier de douze heures à huit heures par jours. Ce qu’ils ont obtenu après des manifestations. Ce jour qui doit être un jour de commémoration est devenu un jour de folklore au Cameroun, parce que le rituel est le même. Les patrons et les membres du gouvernement sont à la tribune, et les travailleurs, arborant des t-shirts comme des poteaux publicitaires, défilent devant ces gens qui les maltraitent à longueur d’années. Les discours lus par les leaders syndicaux ressemblent à des chiens qui aboient et à la caravane passe. En 2006, on nous a invité à cette manifestation, nous sommes allé pour leur dire que ce n’est pas le gouvernement qui doit organiser cette fête du travail et que si cela continuait ainsi la Cst ne participera jamais à ce défilé. C’est ainsi que, depuis, nous ne participons pas à ce défilé. C’est la troisième fois que nous organisons des manifestations parallèles au défilé. Simplement parce que toutes les organisations syndicales à travers le monde entier organisent elle-même des manifestations sans que le gouvernement ne s’immisce.
Votre manifestation a pourtant été interdite ce 1er mai 2009. Que vous reprochait le gouvernement ?
Seul le gouvernement sait pourquoi il a interdit notre manifestation. Tout ce que nous savons, c’est que la veille du 1er mai à 21h, nous avons reçu une correspondance du sous-préfet de Yaoundé Vème interdisant la manifestation et le rallye motorisé que nous avions programmés ce 1er mai. Nous avons été surpris de cette réaction tardive, car la correspondance que nous leur avions adressée datait d’environ une semaine. A 5h du matin ce 1er mai, plus de 200 policiers et six commissaires divisionnaires avaient envahi notre siège à Mvog-Ada, encerclant ainsi le carrefour « Bout carré » et celui d’ « Eldorado ». Ils menaçaient même d’emporter le matériel d’animation que nous avons loué pour l’occasion. Arrivé sur les lieux à sept heures, j’ai rencontré les forces de l’ordre avec qui nous avons discuté. Nous pensions que la manifestation était interdite sur le parking devant notre siège. Nous avons alors décidé de manifester dans notre salle de conférence. Ils ont aussi refusé que cela se fasse. Pour ce faire, ils ont posté cinq policiers devant notre portail. Ceux qui étaient déjà à l’intérieur ne pouvaient plus sortir tandis que ceux qui étaient à l’extérieur ne pouvaient plus entrer. La situation a duré jusqu’à 13h, heure à laquelle était censé s’achever le défilé. Malheureusement, à cette heure le sous-préfet nous annonce qu’il faut patienter une heure de plus. A 14 heures, ils voulaient encore résister et nous avons ordonné l’ouverture de notre salle et du bar qui était prévu pour la circonstance. Car nos militants qui avaient déjà tant patienté, d’autant plus que trois bières coûtaient 1000 francs Cfa, étaient prêts à en découdre avec la police. C’est ainsi qu’ils se sont calmés et nous avons commencé nos réjouissances jusqu’à 21h. Mais à 18h, les forces de l’ordre étaient encore présentes.
Propos recueillis par Beaugas-Orain Djoyum

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