Doté d’un potentiel hydroélectrique important, le pays souffre cependant d’un déficit énergétique.
Le 17 décembre 2007 aux environs de 12 h à Abong-Mbang, dans la province de l’Est, les populations avaient marre des délestages à répétition. Elles sont descendues dans la rue et sont allés à la préfecture locale pour manifester leur ras le bol. La réaction des forces de l’ordre face à ce mouvement a été brutale. Deux jeunes gens sont tombés sous les balles. A leur tour les manifestants ont incendié la préfecture et des locaux de Aes-sonel. Cette manifestation a été la première du genre au Cameroun qui a montré à quel point l’énergie est importante et jusqu’où sa privation peut mener. Un problème que le président de la République reconnaît comme « un obstacle que nous n’avons pas encore réussi à surmonter » (Cf message à la nation du 31 décembre 2007). Et pourtant, le Cameroun ne manque pas de potentialités. Le pays dispose du second potentiel énergétique en Afrique, avec 994 Terawatts. «C`est-à-dire que si le Cameroun développe son potentiel, nous serons capables d’enregistrer facilement et sans contraintes, au cours des 20 prochaines années, 15 000 à 20 000 mégawatts », affirme le directeur général d’Electricity Development Corporation (Edc), Célestin N’donga. Mais alors, la production totale actuelle atteint à peine 1000 MW. En 2006, la production totale hydroélectrique s’élevait à 920,6 MW. « Il est incompréhensible que l’on souffre d’une telle pénurie », s’offusquait Paul Biya en décembre dernier, tout en remarquant qu’en plus des potentialités hydroélectriques, le Cameroun dispose de gisements de gaz exploitables. Jean-Bernard Sindeu, ministre de l’Energie et de l’Eau, indique également l’importance du secteur : « L’énergie est actuellement la condition sine qua non pour le développement social, industriel et économique du Cameroun ». Célestin N’donga pousse les avantages un peu plus loin, en affirmant qu’avec une offre énergétique conséquente, il est possible d’éradiquer le phénomène de coupeurs de route dans le grand Nord. A ce jour, cinq projets de construction de barrages et centrales électriques sont en gestation au sein du gouvernement, en collaboration avec certains opérateurs privés. Il s’agit du barrage de Lom Pangar, du projet d’aménagement hydroélectrique de Nachtigal et de Memve’élé sur le Ntem, de la centrale à gaz de Kribi et de la centrale thermique au fioul lourd de Douala (Dibamba). D’autres analystes indiquent également la piste des énergies renouvelables comme solutions au déficit énergétique. C’est le cas par exemple de l’énergie solaire. Une option d’ailleurs préconisée par Paul Biya. A cet effet, indique Guy Abouna, directeur des infrastructures au Minepat, un Fonds d’électrification rurale (Fer) a été mis sur pied. Pour lui, le Fer servira à développer les énergies alternatives dans les zones rurales. La couverture nationale en électrification rurale varie entre 25 et 30%, alors que 60% de la population camerounaise vit en zone rurale.
Beaugas-Orain Djoyum




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