Dr Hippolyte Fofack [Afreximbank] : « Le FEDA est notre réponse à la problématique des jeunes entrepreneurs du numérique qui manquent des financements »

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24 Sep 2021 | News | 0 commentaires

[Digital Business Africa] –  La Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank) a déposé ses valises à Yaoundé. La capitale camerounaise accueillera son siège pour l’Afrique centrale. En attendant la construction de son immeuble siège, ses bureaux sont situés dans l’immeuble de la CNPS à Yaoundé.

Afreximbank a profité de cette occasion pour tenir ce 23 septembre 2021 une rencontre à l’hôtel Hilton de Yaoundé afin de présenter ses programmes, produits et services au milieu des affaires et au gouvernement. L’objectif affiché étant de faire connaître l’étendue des offres de la Banque aux entreprises et institutions de la sous-région.

Digital Business Africa a profité de cette circonstance pour demander quelles sont les opportunités qu’offre Afreximbank aux entrepreneurs et entreprises du secteur du numérique de l’Afrique centrale.  Et qui de mieux que l’ Économiste en chef d’Afreximbank, le  Dr Hippolyte Fofack, pour répondre à ces questions.

Le Camerounais  qui est par ailleurs le Directeur de la Recherche et de la Coopération internationale d’Afreximbank indique que le secteur du numérique est une priorité pour la banque. Interview.

Digital Business Africa : Comment Afreximbank qui a installé son bureau Afrique centrale hier, 23 septembre 2021, à Yaoundé entend-elle accompagner et financer les entreprises du numérique qui investissent dans les infrastructures numériques et les communications électroniques en Afrique centrale ?

Dr Hippolyte Fofack : Pendant des années, nous avons à travers The training infrastructure accompagné la création des routes, des chemins de fer, le transport aérien, l’électricité et les ports. C’était la priorité durant les deux dernières décennies qu’on appelait le « Trade Enabling Infrastructure ».

Avec la transition vers le digital, on se rend compte que la nature des infrastructures est en train de changer de priorité au profit de l’environnement digital et technologique.  Nous avons lancé notre  Pan-African Payment and Settlement System (PAPSS). Nous sommes déjà en train d’occuper cet espace du digital et nous ferons davantage pour forger l’intégration du continent.

Sur ce champ spécifique, les opérateurs ont créé des cloisonnements dans la téléphonie pour augmenter les coûts des transactions. Il faut qu’avec une coordination continentale l’on établisse des interfaces et pourquoi pas que l’on évolue vers un système digital intégré. Nous allons accroître nos financements dans ce domaine.

Digital Business Africa : Le Camerounais qui veut appeler au Gabon voit la minute d’appel à 500 ou 600 francs Cfa. Ce tarif élevé décourage beaucoup. Pourtant, l’on sait que les télécommunications et les communications électroniques sont un accélérateur de l’intégration régionale. Les opérateurs de téléphonie mobile qui pratiquent ces prix élevés vous disent par exemple qu’ils ont investi de milliards de francs Cfa et qu’ils ne peuvent pas baisser aussi facilement les tarifs. Afreximbank dispose-t-elle des mécanismes pour accompagner les investissements en infrastructures numériques de ces opérateurs télécoms et ainsi participer à la baisse des tarifs de roaming en Afrique centrale ?

Dr Hippolyte Fofack : Les opérateurs télécoms doivent comprendre que ce que l’on peut perdre en gains à court terme, on le gagnera sur les économies d’échelle. Imaginez un scénario où vous êtes au Cameroun et vous voulez faire un appel auprès du même opérateur qui se retrouve à la fois au Congo Brazzaville et au Cameroun. L’appel doit remonter en Europe avant de revenir en Afrique.

Pourtant, l’opérateur en question a la possibilité de dire « Non, cet appel doit se faire localement ». Le consommateur gagnerait énormément. Pour moi, c’est le premier ordre urgent à résoudre. La création de cet interface pour réduire les coûts des appels. Si l’on finance les infrastructures sans gérer cette problématique, on ne fera pas avancer les choses.

Digital Business Africa : Afin de répondre à la problématique de risque perçu à faire des affaires en Afrique avec des Africains, Afreximbank a officiellement lancé en novembre 2020  Mansa. Une plateforme numérique panafricaine de due diligence, de contrôle et de connaissance des clients destinés aux institutions financières, aux entreprises et aux PME. Un an après son lancement officiel, quel est son bilan ?

Dr Hippolyte Fofack : C’est une bonne question. Mansa est réél aujourd’hui. Nous avons des centaines des banques qui l’utilisent. La plateforme est vivante et largement utilisée. C’est une centrale d’informations sur les clients, les banques, les PME. Un client sollicitant un prêt, qui a été KYC (Know your customer, Ndlr) par une banque C et qui va vers une banque B solliciter un autre prêt, la banque B n’aura plus besoin de faire un autre KWC du client, parce que tout est centralisé.

Nous réduisons donc les coûts. Et même les coûts des transactions. Et plus important, nous renforçons la confiance des investisseurs en Afrique. Donc, Mansa est extrêmement important. Au dernier décompte il y a quelques temps, nous étions à 20 000 clients déjà. Pour nous, c’est important, mais ce n’est pas suffisant. On peut en avoir beaucoup plus.

Digital Business Africa : Nous sommes en Afrique centrale. Afreximbank vient d’ouvrir ses portes à Yaoundé au Cameroun. Que doivent attendre les entreprises du secteur du numérique de votre implémentation physique en Afrique centrale ?

Dr Hippolyte Fofack : Nous sommes ici à Yaoundé exactement pour renforcer cette proximité entre la banque et les jeunes africains et particulièrement les entrepreneurs du secteur du numérique de la région Cémac et du Camerou

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