[Digital Business Africa] – L’information a surpris plus d’un et a très vite fait le tour des réseaux sociaux ce 01er mars 2022. Nicolas Pichou, le directeur général de Société Générale Cameroun, a annoncé dans un message interne à ses collaborateurs la fin de l’aventure YUP, le service de mobile money lancé par ce groupe bancaire français en 2017 dans plusieurs pays comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Burkina Faso, le Cameroun, la Guinée, le Ghana et Madagascar.
Pourtant, ce service figurait encore il y a quelques jours parmi les services vedette de SG Cameroun au Salon international de la PME (Promote 2022) qui s’est tenu du 19 au 26 février 2022. Les responsables et cadres de SG Cameroun présents à ce salon ne manquaient pas de présenter aux PME les nombreux avantages de ce service de paiement mobile. Et pourtant, deux jours plus tard, virage à 180° pour rentrer à la case départ ! Mieux, pour mettre fin à l’initiative cinq ans après son lancement.
La difficile décision d’arrêter toutes les activités de YUP
« Bien chers collègues, il y a 5 ans, la Business Unit AFMO (Afrique et Moyen-Orient, NDLR), soucieuse de promouvoir l’inclusion financière, de faciliter l’accès à des moyens transactionnels et financiers innovants, en dématérialisant notamment les flux de paiement des entreprises, lançait un service de monnaie électronique et créait une entité dédiée YUP. Malgré tous les efforts consentis par les équipes YUP, dans les 7 géographies concernées, dont le Cameroun, pour développer nos parts de marchés et améliorer l’expérience, le service n’a pas réussi à créer un modèle viable et les perspectives de marché ne nous permettent pas d’envisager son maintien. Face à cette situation, le groupe Société Générale, en concertation avec l’ensemble des filiales locales de Société Générale, a pris la difficile décision d’arrêter toutes les activités de YUP dans l’ensemble des géographies où elle s’était déployée », écrit Nicolas Pichou, le DG de SG Cameroun, à ses collaborateurs.
La nouvelle ne sera pas bonne pour tous. En interne comme en externe. Parmi les personnes regrettant cette décision, Mouliom Mazou. Le président du Centre de Gestion Agréé CGA/ACDC et par ailleurs président de l’Association camerounaise pour la défense des droits des contribuables pense que les contribuables camerounais sont ceux-là qui vont beaucoup regretter l’arrêt des activités de Yup. Pour lui, Yup est le seul service de paiement mobile des impôts qui délivre instantanément aux PME une quittance de paiement nécessaire pour les justificatifs aux impôts.
« Yup s’est progressivement imposé dans le landerneau de transfert d’argent et a gagné la confiance des contribuables camerounais pour trois raisons : Premièrement, lorsqu’on a introduit le télépaiement et le paiement à travers les banques, Yup était celui qui offrait le service moins cher et rapide. Seulement 1000 F.CFA par avis d’imposition pendant que les banques classiques étaient à près de 2500 F.Cfa. Deuxièmement, Yup délivre des reçus dès paiement de l’avis d’imposition et cela sert de justificatif devant les impôts quand la quittance des Impôts n’est pas encore disponible. Par conséquent, en terme de paiement mobile d’impôt, c’est l’unique opérateur où les contribuables prennent le risque de s’acquitter de leur impôts avec des gros montants. Troisièmement, Yup est le plus utilisé dans l’arrière-pays pour le paiement des impôts. Je trouve que ses transactions pouvaient être classées dans la catégorie de mission de service public, car en réalité c’est un service très important pour les petits contribuables que nous sommes puisque l’impôt c’est pour l’État », expose Mouliom Mazou qui reste convaincu qu’avec la digitalisation en cours des procédures au Cameroun, Yup a/avait toutes les chances de devenir leader auprès des petits contribuables.
En effet, Orange Money ; MTN Mobile Money et Yup au Cameroun sont les seuls services de paiement mobile qui permettent aux contribuables d’effectuer le paiement des taxes aux impôts (à la DGI). Contrairement
L’intégralité de cet article écrit et publié en premier sur Digital Business Africa





0 commentaires