L’ambiance au sein du Conseil d’administration de Camair Co et les conditions de travail ne plaisent pas au directeur général.
« Il n’est plus question que je travaille dans ces conditions-là. C’est-à-dire sans financement, sans bureaux, sans moyens de communication quand je viens au Cameroun ». C’est la réponse de Gilbert Mitonneau, directeur général de Camair Co, joint au téléphone ce 24 mars 2009, à la question du reporter du Jour de savoir si son absence prolongé au Cameroun peut être considérée comme une démission. S’il ne l’avoue pas formellement, Gilbert Mitonneau ne semble plus prêt à revenir au Cameroun. Il a d’ailleurs repris son travail à Airbus à Toulouse en France.
L’une des raisons principales de son départ, à l’en croire, est la qualité des relations qu’il entretient avec les membres du Conseil d’administration (Philémon Yang, président et Paul Alain Mendouga, Joseph Désiré Nguenang, Angeline Florence Ngono). Des relations qui, d’après lui, sont très tendues. « Ce n’est pas avec le Conseil d’administration que je dois travailler, mais avec le ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire qui pilote le projet Camair Co », indique-t-il, sans grande précision. Il dénonce aussi les statuts de Camair Co, où « il y a dispersion de responsabilités ». « Le directeur général ne peut rien décider », affirme-t-il. Pour lui, le Conseil d’administration doit être un support et non un moyen de travail.
Le Dg de la Camair explique au reporter du Jour que c’est sur ses fonds personnels qu’il a payé son hébergement, ses billets d’avion et sa nutrition au cours de ses séjours au Cameroun. « Le gouvernement Camerounais m’a simplement remboursé les frais de restauration et d’hébergement du deuxième voyage que j’ai effectué au Cameroun ». Plus encore, poursuit-il, lorsqu’il est au Cameroun, il n’a aucun bureau et aucun moyen financier pour mener à bien ses tâches. « Ni le gouvernement camerounais, ni le groupe Lion aviation group (- Lag -, société américaine spécialisée dans le management et le développement des compagnies aériennes, qui a proposé sa candidature au poste de directeur général) ne me paye », déclare Gilbert Mitonneau.
Autre raison de son départ, la renégociation de la convention liant Lag à l’Etat camerounais. A ce jour, les pourparlers sont en cours et une décision du président de la République est attendue.
Gilbert Mitonneau affirme que pour qu’il revienne, il faudrait qu’il ait des moyens financiers, des bureaux et qu’on le laisse travailler selon la ligne tracée lors des négociations avec le ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire. Les tentatives du reporter du Jour pour avoir une réaction des membres du conseil d’administration sont jusqu’ici restées vaines. Au secrétariat de Philémon Yang à la présidence de la République, la secrétaire a affirmé au reporter du Jour par téléphone que le secrétaire général n’était pas disponible. Rencontré, il y a quelques jours au ministère des Transports, Paul Alain Mendouga, n’a pas souhaité s’étendre sur la question.
L’on se rappelle qu’au lendemain de sa nomination, dans une interview exclusive accordée au Jour, le Dg déclarait que sa priorité sera de rencontrer les responsables de la relance de la Camair-Co. Ce qui, à l’en croire, n’a pas été le cas.
Beaugas-Orain Djoyum




0 commentaires