
Le ministre des Finances a reçu vendredi dernier les manifestants qui réclament le paiement de leurs droits et leurs primes de reconversion.
Gémissants, haletants, tous du troisième âge, ils ont tenu à faire un sit-in malgré leurs maladies. Cette fois-ci, la mobilisation était grande. Pas comme à l’accoutumée avec une vingtaine de manifestants. Vendredi dernier, 22 mai 2009, de 12h à 13h, près de 200 ex-employés des sociétés d’Etat (selon le président du collectif, Louis Ngué), réunis à l’entrée principale du ministère des Finances, ont barré la route qui mène au musée national. Sous un soleil accablant, ils se sont assis sur la chaussée pendant une heure sous le regard des policiers et des gendarmes. Leur principale réclamation : le paiement de leur prime de reconversion et du reliquat de leurs droits sociaux promis depuis 1993 par le gouvernement. «Quand l’inertie tue tout un peuple». «Libérez-nous ! Nos droits sociaux», «Que les grandes ambitions soient concrètes !!!», pouvaient-on lire sur les pancartes que brandissaient les manifestants.
Simon Pierre Hongla, 75 ans, premier employé de la Société de presse et d’édition du Cameroun (Sopecam) faisait partie des manifestants. Licencié le 22 novembre 1993, il a travaillé aux Ateliers graphique du Cameroun (Agracam) qui a fusionné avec l’Agence camerounaise de presse et la Société camerounaise de publication pour créer la Sopecam le 18 juillet 1977. «Le matricule 001», comme il se surnomme, habillé d’une veste décolorée qu’il a achetée du moment où il était magasinier à la Sopecam, a tenu à participer à cette manifestation malgré sa maladie. Il est diabétique. «Au ministère des Finances, le ministre délégué a promis de nous recevoir ce 22 mai à 11h après plusieurs rendez-vous manqués. Aujourd’hui (le 22 mai, ndlr), on nous dit que le ministre délégué n’est pas là. Nous n’avons plus besoin de rendez-vous. Aujourd’hui, il faut que le ministre des Finances nous paye. Le Premier ministre a demandé qu’il nous paye, il faut qu’il le fasse», lance-t-il, fâché. C’est un contingent des policiers du Gmi qui viendra le chasser de la chaussée aux environs de 13h, ainsi que les autres manifestants.
Vu l’ampleur de la manifestation, le ministre des Finances, Essimi Menye, a invité quatre responsables du collectif des ex-employés des sociétés d’Etat restructurées à une concertation. Louis Ngué, président du collectif des ex-employés des sociétés d’Etat restructurées était de la rencontre. Il affirme que le ministre des Finances a promis de payer uniquement les droits sociaux et non les primes de reconversion. «Le ministre a arrêté la date du 15 juin pour une réunion avec nous pour établir les modalités du paiement de ces droits sociaux », affirme Louis Ngué.
Dans une correspondance adressée au collectif des ex-employés des sociétés d’Etat liquidés ou restructurés en septembre 2008, le ministre des Finances promettait déjà à ces à derniers le paiement de leurs droits. «J’ai l’honneur de vous confirmer que le gouvernement est déterminé à prendre des mesures urgentes pour le payement du reliquat des droits des ex-employés des entreprises publiques qui ont été évalués dans le cadre de la commission tripartite», écrivait Essimi Menye.





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