
Chef de la division des études et de la prospective au ministère de l’Emploi, il reconnaît la pertinence des fora sur l’emploi organisés par les acteurs privés.
Quel regard posez-vous sur les fora sur l’emploi qui sont organisés au Cameroun ?
Les fora et formations en matière d’emploi sont des événements qui intéressent tous les acteurs publics et privés. La présence du ministère de l’Emploi doit fédérer ces initiatives. Nous soutenons énormément ces initiatives, parce que ce sont elles en effet qui permettent de rapprocher les acteurs, chercheurs d’emplois et chercheurs de formation. Parce qu’il y a aussi des fora qui permettent de donner des formations, car c’est la formation qui module l’emploi de demain. Tout au long de la vie, chaque travailleur doit savoir que, sans formation, on ne peut pas être compétitif. Il faut être informé en permanence sur les changements qui s’opèrent sur le marché. C’est pour cela que nous voulons que ces fora soient institutionnalisés à l’image de ce que le Fne organise déjà pour les jeunes. Ces fora sont pertinents et ne sont pas une innovation camerounaise. Les emplois sont essentiellement connus à travers ce genre d’initiative. Il est important que ces fora soient souvent organisés. Et avec la décentralisation, nous allons soutenir et encourager les communautés locales à organiser ce genre de fora au niveau local.
Le ministère de l’Emploi soutient–il ces fora organisés par des acteurs privés ?
Nous avons une caution morale. Le ministère n’est pas une banque, ni un fonds. Le ministère n’a pas d’argent pour soutenir financièrement ces fora. Sa caution morale et sa supervision technique permettent de donner une dimension plus importante à ces fora organisés par des acteurs privés.
Pourquoi le ministère de l’Emploi n’organise-t-il pas ces rencontres directes entre les chefs d’entreprises et les chercheurs d’emploi ?
Le ministère de l’Emploi a des projets dans ce sens. Il y a déjà un forum de la diaspora qui est organisé chaque année. C’est un forum qui permet le retour de la diaspora camerounaise. Le ministère de l’Emploi l’organise avec l’appui d’autres ministères.
Les organisateurs des bourses de l’emploi demandent parfois de l’argent aux chercheurs d’emploi pour soumettre les Cv de ces derniers aux chefs d’entreprises qui recherchent des compétences. Le ministère de l’Emploi ne peut-il pas soutenir l’organisation de ces rencontres afin de permettre aux chercheurs d’emploi de ne pas débourser trop d’argent ?
La bourse de l’emploi est libre. C’est un marché. Tout accès à un marché est libre. Quand cela devient payant, cela veut dire que le marché n’est plus un bien public, mais privé. Un candidat peut être affilié auprès d’un acteur économique qui est une agence d’intérim. Celle-ci peut avoir une base de données de profil. A ce moment, cette agence peut placer cette ressource sur le marché moyennant une rétribution. En ce qui concerne un soutien financier, je dirais non. Parce que ce sont des entreprises qui vendent des services. Toutefois, nous sommes totalement ouverts pour agréer les entreprises qui se conforment aux textes en vigueur.





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