Confirmez-vous les déclarations de la société sud coréenne C&K Mining selon lesquelles un gisement de diamant de « 736 millions de carats » a été découvert à Mobilong et Limokoali dans la région de l’Est Cameroun ?
C&K Mining est responsable de ses déclarations. Depuis 2008, elle annonce ici au Cameroun et en Corée du Sud qu’elle a découvert un gisement de diamant. C&K Mining (détenteur d’un permis d’exploration, ndlr) travaille dans le sens de sa déclaration. C’est-à-dire que C&K est en train de finaliser les études de faisabilité et d’impact environnemental en vue de conclure une convention minière avec l’Etat. Je profite de cette occasion pour m’étonner du fait que certains journaux aient pu écrire qu’avec la complicité de l’Etat, une société est en train d’exploiter le diamant camerounais. L’exploitation chez nous suit un certain nombre d’étapes. Nous n’avons pas encore signé de convention minière avec C&K Mining. Elle est encore en phase de recherche. Lorsqu’elle devrait aborder la phase d’exploitation, elle devra au préalable négocier les parts de l’Etat, et négocier un certain nombre d’obligations entre le Cameroun et elle avant qu’on lui attribue un permis d’exploitation. Nous sommes dans le processus qui vise à l’obtention d’un permis d’exploitation. Notre surprise est grande quand on annonce l’exploitation du diamant et que l’Etat du Cameroun aura 20% des parts.
C&K Mining peut-elle faire l’annonce de cette découverte uniquement dans l’optique de lever des financements auprès des banques étrangères ?
Effectivement, ce n’est pas une option à exclure. Cette annonce lui permet aussi de lever les fonds auprès des banques étrangères. En ce qui concerne le gouvernement, avec une telle annonce, nous disons « Dieu merci ! ». Cette annonce nous permet d’être plus gourmands. Car selon la loi, après une telle découverte, le Cameroun obtient au préalable et gratuitement 10% de l’exploitation. En effet, toutes les sociétés minières vont vers banques extérieures pour solliciter des prêts afin d’investir pour l’exploitation. Evidemment, les banques ne vont pas donner leur argent sans garantie. Elles vont d’abord commettre des experts sur le terrain pour vérifier la véracité des déclarations de la société minière. C’est sur la base du rapport de ses experts que la banque lève des fonds. L’Etat camerounais peut lui-même faire une contre expertise afin de confirmer les déclarations de C&K Mining.
Pour exploiter le diamant, le Cameroun doit adhérer au processus de Kimberley. Pourquoi ne l’a-t-il pas encore fait ?
Il y a des pays où l’on exploite le diamant sans adhérer au processus de Kimberley. La non adhésion au processus de Kimberley entraîne une décote du prix de votre diamant. Le processus de Kimberley vise à établir la traçabilité de la production et de la commercialisation du diamant. Ceci pour montrer que les fonds provenant de la vente de ce minerai ne serviront pas au financement des conflits, des troubles et de la guerre comme dans d’autres pays Africains. C’est pour cela que notre pays, qui ne veut pas que la production camerounaise souffre d’une certaine décote, veut adhérer à ce processus. Et nous avons commencé à travailler dans ce sens en faisant l’état des lieux.
Certaines personnes disent que c’est l’argent qui manque pour la finalisation de l’adhésion au processus de Kimberley. Qu’en est-il exactement ?
Disons qu’il y a un problème de financement et un certain nombre d’étapes à franchir. Il y a aussi une organisation de l’administration camerounaise qu’il faudra faire lorsqu’on aura franchi ces étapes. Mais, le Cameroun est engagé. Il le fera, car c’est la volonté du gouvernement. L’horizon est toujours fonction de beaucoup de choses. Cela veut par exemple dire que nous avons les financements et que nous sommes allés voir comment cela se passe dans d’autres pays. Je pense qu’on le fera en moins de deux ans.
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