L’Union démocratique du Cameroun voulait qu l’institution publie les résultats provisoires des élections.
26 voix contre le rejet et 86 voix pour le rejet. C’est le résultat du vote des députés hier, 25 juin 2009, pour définitivement mettre au placard la proposition de modification de la loi de 2006 portant organisation et fonctionnement d’Elecam.
Pour l’Udc, cette proposition de loi visait à garantir l’efficacité d’Elecam par la dotation à cet organisme « d’une véritable autonomie administrative et financière au regard des limites de l’informatisation du fichier électoral et d’autoriser Elecam à publier les résultats provisoires des élections. Pour les membres de la commission, la seule instance habilitée à proclamer les résultats des élections est le Conseil constitutionnel (article 48 constitution) et que, selon la constitution, les propositions de loi ou amendements qui auraient pour effet de diminuer ou d’aggraver les ressources publiques sans réduction des ;;;; sont irrecevables.
Après le rejet de ce texte, les députés du Social democratic front et de l’Union démocratique du Cameroun ont présenté leur courroux. « Le rejet de ce projet de loi confirme simplement que rien de bon ne peut sortir de ce parlement provenant de l’opposition. Qu’est-ce qui est mauvais de dire qu’il est important qu’Elecam soit doté d’une autonomie financière ? Qu’est ce qui est mauvais de dire que certaines personnalités ne doivent plus utiliser les moyens publics pour faire la campagne ? », s’interroge un député du Sdf.
Extraits des discussions sur la proposition de loi de l’Udc
Ambiance lors de la séance plénière hier, 25 juin 2009, à l’Assemblée nationale.
Jean Michel Nintcheu (député Sdf) : Le rejet de la proposition de loi N°059 présentée par l’honorable Patricia Ndam Njoya, qui modestement, voulait modifier et compléter certaines dispositions de la loi 2006/011 du 29 décembre 2006 portant création, organisation et fonctionnement d‘Elecam met à nu la nature totalitaire du régime du renouveau. « Ne touchez pas à mon Elecam !», tel semble être la volonté du prince. Un grand prélat bien connu dans ce pays a dit que le jour où la guerre civile va éclater au Cameroun ce sera à la suite d’une élection mal organisée. Elecam dans sa forme actuelle porte tous les germes d’une guerre civile. Mais ceux qui veulent réaliser le rêve de tout dictateur qui est de mourir au pouvoir en ont-ils conscience ?La nomination des membres d’Elecam a consacré le degré zéro de la moralité et le plus haut sommet du banditisme politique.
Jean Michel Nintcheu : Par la seule volonté du prince, Elecam est devenu une anti-chambre du comité central et du bureau politique du Rdpc.
(Le député Roger Nkodo Dang prend la parole)
Jean Michel Nintcheu (continue dans le vacarme) : (…) qui au lieu de s’en aller ou de passer la main, veulent plonger notre pays dans le chaos. Le peuple nous regarde. (Il va s’asseoir)
(…)
Peyipahouo Riratou (Udc) à Cavaye Yeguié Dibril : laissez-le (Jean Michel Nintcheu) terminer.
commissaires veulent faire taire, mais qui sont pourtant d’une importance capitale. Les commissaires ont manifesté leurs craintes de voir en Elecam un quatrième pouvoir. Il faut déjà que Elecam ait fait ses preuves pour dépasser les médias en lice depuis longtemps pour cette quatrième place, puis le cinéma, la mode, etc. C’est-à-dire que les pouvoirs, il y en a à gogo. La notion de pouvoir correspond à une compétence. Ce que nous voulons c’est qu’Elecam ait la compétence nécessaire de pouvoir organiser les élections de façon libre et transparente. Et sans pouvoir, Elecam ne peut rien faire. Je voudrais donc poser une question : qui a peur des pouvoirs d’Elecam ? C’est vous. (Rires) C’est celui qui a peur de tricher qui a peur d’Elecam. C’est qui vous qui allez tricher. C’est pour cela que vous avez peur d’Elecam. C’est un peu comme si on demandait qui a peur du gendarme. C’est le bandit. (Rires). Comment pouvez-vous engager un gardien sans lui donner des outils nécessaires pour se protéger ou pour arrêter les voleurs. (.. .) En république, c’est le système « check and balance » qui s’impose. Ce sont ceux-là qui empêchent le pouvoir de fonctionner qui sont les ennemis de la République et de la démocratie. Nous républicaines et démocrates allons leur barrer la voie. Je vous remercie monsieur le président. (Applaudissements)Cavaye Yeguié Djibril : Je t’ai compris Riratou, ne viens plus dans mon bureau. Tu sais que je suis un chef traditionnel. (Rires)




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