Patricia Tomaino Ndam Njoya : « Les étapes basiques pour le recomptage des votes ne sont pas encore assurées »

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1 Oct 2009 | ACTUALITÉS, News | 0 commentaires


Tout en commentant l’actualité gabonaise, la députée de l’Udc pense qu’au Cameroun, le minimum requis n’est pas réuni pour organiser une élection incontestable.

Le scénario de recomptage des voix tel qu’on observe aujourd’hui au Gabon est-il possible au Cameroun ?

Déjà, pour le Gabon, il faut savoir que c’est une mise en scène, bien que l’on veuille montrer à la communauté internationale qu’il y a une légitimité et du sérieux. Il faut noter que les principaux acteurs qui ont porté plainte ne sont pas présents dans la salle. Donc, c’est vraiment de la poudre aux yeux. Ne prenez donc pas un exemple qui n’est pas un modèle pour répondre à votre question.

Peut-on, à votre avis, recompter les voix d’une élection présidentielle au Cameroun ?

Pourquoi pas ? Les dispositions de la Constitution donnent le pouvoir aux juridictions, à la Cour constitutionnelle, notamment, de pouvoir prendre toutes les dispositions en cas de contestation. C’est une disposition démocratique.

Certaines personnes pensent qu’en 1992 on aurait dû recompter les votes, ce qui n’a pas été le cas…

Généralement, je ne refais pas la bataille de Waterloo. Ce qui s’est passé en 1992 est passé. Actuellement, je suis plutôt soucieuse de ce qui se passe par rapport au système des élections. Commençons par Elecam. Pour le moment, les élections peuvent intervenir d’un moment à l’autre. En 2011 et en 2012, il y aura des élections. Je pense qu’il y a déjà un retard par rapport à la mise sur pied de cette structure chargée de veiller à la transparence pendant les élections au Cameroun.

Certains analystes politiques pensent que le Conseil constitutionnel, tel qu’il est organisé au Cameroun, ne peut ordonner le recomptage des voix d’une élection présidentielle. Partagez-vous cet avis ?

Au niveau de l’Union démocratique du Cameroun (Udc), vous savez très bien tous nos combats par rapport à Elecam dès sa mise en place : les différents amendements que nous avons pu apporter au niveau de l’Assemblée nationale, qui ont été rejetés. Même lors de la dernière session, nous avions un texte modifiant Elecam, qui relevait le fait qu’elle n’était pas indépendante au niveau organique et financier. Nous proposions justement des mécanismes pour assurer son indépendance. Même au niveau des démembrements d’Elecam il y a problème. Tout à l’heure, je disais que si jusqu’ici les démembrements ne sont pas encore fonctionnels, c’est déjà un problème. Car, il y a tout un calendrier de politiques à mettre sur pied et on ne va pas le faire quand les élections seront annoncées. Si déjà il y a un problème d’organisation, c’est tout à fait normal que tout ce qui va suivre comme conséquences va altérer le bien-fondé des élections et le mécanisme de fonctionnement d’Elecam, y compris le recomptage des voix dont vous parlez. D’ailleurs, avant d’en arriver là, les étapes basiques ne sont pas encore assurées.

Mathias Eric Owona Nguini



« Les conditions d’un recomptage de votes au Cameroun seraient beaucoup plus délicates »

Le socio-politologue analyse la situation au Gabon et évoque la complexité d’une telle opération au Cameroun.


La Cour constitutionnelle au Gabon a ordonné le recomptage des votes de la dernière présidentielle. Ce qui s’est passé hier, 30 septembre 2009. Des cas de ce type sont-ils fréquents en Afrique ?

Le scénario d’un recomptage de voix n’est pas nécessairement un scénario habituel dans le contentieux électoral. Particulièrement, lorsqu’il s’agit de la figure imminente qu’est une élection présidentielle.

Pourrait-on s’attendre, à la suite d’une contestation au Cameroun, que l’on arrive à recompter les votes ?

Les conditions éventuelles d’un recomptage de votes seraient beaucoup plus délicates tant qu’il n’existe pas une juridiction constitutionnelle propre. C’est-à-dire le Conseil constitutionnel. Une telle possibilité a pu s’incarner au Gabon parce que, quoi qu’on en dise, la Cour constitutionnelle gabonaise est une institution inscrite dans la loi fondamentale. D’où elle tire toute sa puissance et sa légitimité. Dans le cas camerounais, avant toute mise en place du Conseil constitutionnel et compte tenu des réflexes pratiques qu’a eus le juge constitutionnel de substitution, on voit mal comment on arriverait facilement à un recomptage des votes. Cela dit, ce n’est pas impossible. Cela va dépendre, si on donne du crédit à une telle hypothèse, de la manière dont les élections se seront déroulées et de la manière dont les résultats auront été proclamés et vérifiés.

Pourquoi cela n’est-il jamais arrivé malgré les contestations des élections présidentielles au Cameroun depuis 1992 ?

C’est peut-être parce que l’institution chargée de valider les résultats de l’élection présidentielle n’a pas jugé nécessaire ni opportun de faire un tel choix de recompter les votes. Elle a considéré qu’en dépit de ce qui pouvait apparaître comme des irrégularités ou des déviances électorales, le gros du processus s’était déroulé, selon elle, conformément à la législation et à la réglementation en vigueur.

Concernant le cas du Gabon, n’est-il pas inutile de recompter les voix, vu que ce sont les mêmes qui organisent les élections qui en supervisent le recomptage ?

D’un point de vue sociologique, et certains acteurs de la classe politique gabonaise l’on déjà noté, notamment l’ancien ministre d’Etat Casimir Oyé Mba, il ne faudrait pas nécessairement attendre que la Cour constitutionnelle puisse en arriver à bouleverser le résultat des élections. Cela dit, attendons de voir ce que pourra donner une opération de recomptage de voix. Il faut signaler à cet effet que les représentants des deux principales figures de l’opposition, qui sont arrivées officiellement après Ali Bongo Ondimba, c’est-à-dire André Mba Obame et Pierre Mamboundou, ont considéré la décision de la Cour constitutionnelle comme une avancée. Cela ne veut pas dire qu’il ne reste pas un certain nombre de récriminations de ces acteurs politiques vis-à-vis du processus électoral et particulièrement de sa gestion et de la gestion du contentieux par la Cour constitutionnelle.

Peut-il avoir une grande marge d’erreurs au cours de ce scrutin ?

On ne peut pas le dire a priori. Attendons de voir ce qui résultera de la confrontation du travail fait par la Cour constitutionnelle avec les procès-verbaux détenus par les différentes formations politiques. Et attendons de voir particulièrement ce que va donner cette procédure, d’autant plus que pour les différents acteurs de l’opposition, il serait important qu’on fasse non seulement un recomptage sur la base des procès-verbaux, mais qu’on refasse globalement le décompte des voix.

Un avis personnel sur ce qui se passe au Gabon… Cela peut-il aboutir à quelque chose ?

Je n’en sais rien. Il faut attendre et voir ce qui en ressortira. Compte tenu des conditions controversées de la proclamation des résultats de cette élection présidentielle gabonaise, on ne peut pas trop se risquer à savoir si la Cour constitutionnelle, comme une vision stéréotypée pourrait le dire, se contentera en quelque sorte de liquider le contentieux constitutionnel pour constater la légitimité du président élu, Ali Bongo Ondimba, ou si, dans sa démarche de recompter les voix, elle mettra en cause le résultat définitif de l’élection présidentielle du Gabon.

Peut-on s’attendre à ce qu’Ali Bongo perde sa place après cette opération ?

A priori, cela est difficile parce que la Cour constitutionnelle fait partie d’un dispositif institutionnel qui n’est pas simplement un dispositif qui se décline juridiquement, mais un dispositif qui s’organise aussi du point de vue d’un certain nombre de contraintes sociologiques faisant qu’un certain nombre d’acteurs de ces institutions font parties du système gouvernant gabonais et n’ont pas marqué jusqu’ici une nette volonté d’autonomie. Mais maintenant, attendons de voir concrètement ce que la Cour constitutionnelle va faire, même si on peut penser a priori que sa marge de manœuvre n’est pas aussi grande qu’il y paraît.

Jean Takougang


Peut-on procéder au recomptage des votes d’une présidentielle au Cameroun ?

Le Gabon n’est pas une république, mais une monarchie. Les autorités publiques gabonaises sont plus subtiles et plus diplomates que les autorités camerounaises. Au Gabon, il y a des représentants des partis politiques dans leur commission électorale indépendante, alors qu’au Cameroun, monsieur Paul Biya ne peut mettre que ses partisans et militants les plus fanatiques qui ont tout à perdre s’il n’est plus là.

En ce qui concerne le Gabon, ce qui s’y passe actuellement est une farce pour deux raisons. Premièrement, la présidente de la Cour constitutionnelle est la mère des enfants d’Omar Bongo et deuxièmement parce qu’elle refuse que les partis politiques assistent au recomptage des voix. Pendant ce temps, Ali Bongo s’est déjà présenté comme président dans les pays de la sous-région. Donc, ce qui se passe actuellement n’est qu’une farce.

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